Alors que les JO de Tokyo débutent officiellement aujourd’hui, je me suis intéressé à l’étymologie de quelques disciplines olympiques.

Gymnastique : tiré du grec gumnos, « nu », « sans vêtement » ! Eh oui, dans la Grèce antique, on avait coutume de pratiquer l’exercice physique dans le plus simple appareil !

D’où le « gymnase », lieu où l’on pratique l’exercice physique (sans vêtement, donc, au début), qu’on utilise encore aujourd’hui en français dans le sens de salle (couverte) spécialement aménagée pour pratiquer des exercices sportifs.

En passant :  la racine a évolué en parallèle vers un sens plus général de « lieu où l’on s’exerce », qui explique pourquoi en allemand (ainsi que dans les langues d’Europe de l’Est, en Scandinavie, et même aux Pays-Bas), un établissement scolaire secondaire se dit « gymnasium ». Dans certains cantons de Suisse francophone, on utilise le mot gymnase pour parler d’une école secondaire.

En passant encore : un autre mot désignait dans la Grèce antique un lieu réunissant des installations sportives, la palestre. Cette racine a notamment été préservée en italien contemporain, où « palestra » désigne généralement une salle de fitness ou de sport (andare in palestra). En espagnol, ce même mot désigne une arène ou une scène. Une salle de fitness en Espagne se dit gimnasio.

Badminton : vient de l’anglais Badminton House, château du duc de Beaufort où a été inventé ce sport à la fin du XIXe siècle. Le duc était à l’époque à la recherche d’une activité couverte afin de remplacer le criquet par temps de pluie. Un terrain avait été aménagé à l’intérieur de la demeure, avec une corde en guise de filet. Pour la balle, ils avaient utilisé un bouchon de champagne dans lequel ils avaient planté des plumes, ce que l’on appelle aujourd’hui le « volant ».

Rugby : un peu la même histoire que le Badminton, puisque le mot vient de l’anglais rugby, du nom du collège de Rugby, où ce sport a été inventé en 1823, le jour où un élève du nom de William Webb Ellis s’est mis à courir avec le ballon dans ses bras au cours d’une partie de foot.

Hockey : le mot lui-même est d’origine incertaine. La supposition la plus plausible pointe un dérivé de hoquet, un mot du moyen français désignant une houlette (un bâton à crochet utilisé par les bergers pour ramener les brebis égarées, qui a donné plus tard l’expression « sous la houlette de »  (sous l’autorité de)). Les extrémités crochues des crosses de hockey auraient été inspirées de ces bâtons de berger. Une autre théorie, plus amusante, fait référence à l’utilisation connue de bouchons de liège à la place de boules en bois. Les bouchons provenaient de barriques contenant de la bière appelée « hocky ».

Kayak : vient de l’inuktitut « qajaq » (langue inuite du nord du Canada) désignant un bateau en peau, car ces embarcations de chasseurs étaient à l’origine fabriquée en peau d’animal, de phoque ou d’orignal. Le mot a été importé dans les langues modernes via le Groenland et le danois (kayak).

Taekwondo : vient du coréen, dont le nom peut se traduire littéralement par « la voie des pieds et des poings. »

Judo : vient du japonais, littéralement la « voie de la souplesse ».

Plongeon : vient du latin plumbum, le plomb. Si si… Plumbicare signifiait « garnir de plomb des filets ou des sondes pour les faire descendre au fond de l’eau ». Le mot évolue progressivement vers le sens de « (se) jeter à l’eau ».

Tennis : le mot « tennis » vient du français, et plus particulièrement de l’impératif « tenez », que les joueurs de jeu de paume (ancêtre du tennis) utilisaient lors de l’engagement. Le mot a traversé la Manche avec le jeu, mais s’est transformé dans les bouches anglaises pour donner « tennis ».

Comme on peut le constater, sur le plan étymologique, la Grèce (antique) et l’Angleterre ont une sérieuse avance sur les autres pays. Pour le reste, souvenons-nous que l’important n’est pas de gagner, mais de participer !

Au fait, vous saviez que cette célèbre phrase attribuée à Pierre de Coubertin n’était en fait… pas de lui, mais de l’évêque de Pennsylvanie qui a célébré la messe des premiers Jeux de Londres ? Le célèbre baron de Coubertin était semble-t-il lui aussi un adepte des… emprunts !

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